Et si on arrêtait d’avoir peur ?
Longtemps diabolisé par des images chocs post traitements approximatifs, le peeling professionnel revient aujourd’hui au cœur des cabinets et dans celui des utilisatrices. Plus progressif, ciblé et intelligent, il ne brutalise plus la peau mais cherche à relancer ses mécanismes naturels de régénération. Décryptage avec le Dr Alexandre Koutsomanis, médecin esthétique à Paris.
Pourquoi le peeling avait disparu des radars…
Pendant des années, le peeling a été perçu comme un soin radical synonyme de visages rouge vif, de croûtes et d’éviction sociale prolongée, à grand renfort d’images aussi spectaculaires que décourageantes. « Le peeling a longtemps souffert d’une réputation très négative parce qu’il était associé à des protocoles très agressifs, mal encadrés et à une esthétique trop visible », résume le Dr Koutsomanis. À cette peur collective est venue s’ajouter l’explosion des routines skincare à domicile dopées au rétinol, aux exfoliants chimiques et aux acides, qui ont entretenu l’idée que l’on pouvait obtenir les mêmes résultats qu’en cabinet médical mais sans praticien. Plot twist : ces routines ont parfois abouti à sensibiliser voir abîmer la peau. Ironiquement, c’est cette quête de contrôle qui a finalement ramené les patientes vers le peeling médical, dans une version plus raisonnée.

Le peeling 3.0 – @Sergii Kolesnikov /iStock
Ce qui a changé dans la pratique du peeling
Si le peeling revient aujourd’hui sur devant de la scène esthétique, c’est parce que sa pratique a radicalement évolué. « Aujourd’hui, ce n’est plus un acte ponctuel et isolé, il s’inscrit dans un protocole personnalisé qui prend en compte le phototype, l’état de la peau, l’hygiène de vie et le niveau de tolérance », explique le Dr Koutsomanis. Les concentrations sont mieux adaptées, les séances souvent fractionnées, les produits plus intelligents. On ne cherche plus à provoquer une desquamation impressionnante mais à améliorer progressivement la texture, l’éclat et l’uniformité du teint. Le peeling est d’ailleurs de plus en plus associé à d’autres techniques comme les LED qui stimulent la cicatrisation et l’activité cellulaire, le microneedling, qui crée de micro-perforations pour relancer la production de collagène, ou encore des soins régénérants ciblés, qui optimisent la réparation cutanée et renforcent les résultats dans la durée.

Les nouveaux peelings intelligents et les règles à respecter
Les peelings de nouvelle génération, comme le PRX-T33 ou les TCA progressifs, reposent sur une philosophie différente. Ils ne fonctionnent plus uniquement sur l’exfoliation mais sur la biostimulation, associant une abrasion chimique contrôlée à une stimulation du derme qui relance la production de collagène. « Ce sont des peelings qui ne se contentent pas de resurfacer mais incitent la peau à se réparer, à se densifier. On est dans une approche plus biologique, plus intelligente », souligne le médecin esthétique. Moins agressifs et moins risqués, ils offrent des résultats à la fois immédiats sur l’éclat et plus durables sur la fermeté et la qualité de peau ce qui explique leur retour en grâce, y compris chez des patientes plus jeunes, dans une logique de prévention. Mais le médecin insiste sur un point essentiel : le peeling reste un acte médical. « Ce n’est pas un soin Instagram. C’est un traitement qui demande un diagnostic précis, une vraie expertise et un suivi. Mal utilisé, il peut entraîner des complications. Maîtrisé et employé à bon escient, il devient un outil extrêmement puissant ». Côté budget, les tarifs débutent autour de 500 euros, et peuvent être plus élevés en fonction de l’intensité du peeling et de la zone traitée.
Publié le 28 décembre 2025 à 11h20